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DE LA VILLE DE PARIS.
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[i552]
aller partout et que sur nostre congié et parmission ilz pourroient aisiement passer par toutes les autres villes. Ilz nous ont monstré unes lettres closes du Roy adressées au sr de Villeneufve, l'un de ses varletz de chambre, par lesquelles estoit mandé audict de Villeneufve de les conduire la part où seroit le Roy et leur faire bonne chere par les chemyns. Nous n'avons voulu nous entremettre leur bailler aucun congié ou parmission, estimant bien que cela meritoit que le Roy et vous en fussiez advertiz. Ce nous avons faict entendre à Monseigneur le Cardinal de Bourbon, lequel nous pensons qu'il ne fauldra à en escripre au Roy et à vous.
"Au surplus, ilaVoit esté advisé parle Conseil de la Ville que l'on feroit clorre quelque poterne qui est près de la Bastille, estant sur le fossé de la ville, et par laquelle on peut sortir de laville aux champs'1', encores que les portes de la ville dont nous avons la garde feussent fermées. Vostre lieutenant a faict sur ce quelque instance, sur laquelle a esté advisé qu'il vous en pourroit escripre, et nous aussi, pour nous conduire et gouverner ainsy qu'il vous plaira etque vous trouveriez estre raisonnable; et, ce pendent, les choses seroient tenuz en surceance. Nous vous envoyons autant de l'Ordonnance(2).
"Mond. sr le Cardinal nous a ce jourd'huy mons-
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tré lettres que le Roy lui avoit escriptes en datte du vi" jour de ce moys(3). Nous n'avons rien obmis de ce que nous avons deu faire pour nostre acquict et descharge, conformement au bon vouloir et intention du Roy, à quoy nous ne fauldrons tousjours à nous conformer comme ceulx qui désirent estre et demeurer ses trés humbles, trés obeyssans et trés affectionnés subjcctz. Nous ne povons pas faire que à une ville si grande et de (elle liberté, qu'il n'y ait aussy grande liberté aux langues et propos, et que chascun n'en preigne pars où bon luy semble ; mais en tout ce qu'il nous sera possible, nous nous efforcerons et mettrons peyne que les choses seront entretenues et à la verité, suyvant ce qu'il a pleu au Roy en avoir escript, et que ses parolles ligieres et oysives ne soient si aisiement et facillement dispercées.
«Monseigneur, après nous estre trés humblement recommandez à vostre bonne grace, nous prirons nostre Createur vous donner sa grace et en parfaicte santé bonne vie et longue.
"De Paris, ce ix°jour de Novembre vclii.
"Voz trés humbles obeyssans serviteurs,
"Les Prevost des Marchans ct Eschevins de la ville de Paris."
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XCIV. ----- Le CHASTEAU DE HESDIN RENDU À LEMPEREUR PAR COMPOSITION.
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9 novembre i552. (A fol. 19 v°.
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Ce jour arriva en ceste ville Achilles de Chelles, qui avoit esté envoyé par Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins es frontieres de Picardie pour les advertir des nouvelles entreprinses de l'Empereur, suyvant la deliberation du Conseil par cy devant tenu'5'. Lequel a certiffié mesd. S" et asseuré que le
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chasteau de Hesdin, assiégé par les gens de l'Empereur, auroit esté rendu par composition par les s™ de Race et de Genly, sortans leurs bagues sauves, l'enseigne desployée, et trois pieces d'arlillerye'6'. Et en sortirent laschement samedi derrenier, v° jour de ce present moys de Novembre (7'.
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C II s'agit ici de la poterne du Boulevart-de-Pierre, sur laquelle voir ci-dessus l'art. XLIV et les mandements à Guillaume Guillain, maître des œuvres, en date des 31 octobre et i3 novembre (art. LXXVIII et C).
(2) Il s'agit de l'Ordonnance rendue par le Cardinal de Bourbon le 19 octobre 1552; art. ci-dessus XLIV.
(3) Rapportées en l'article ci-dessus XC.
(t' Le Registre B ne contient pas ce document ; mais il avait fait mention do l'événement au jour mème de sa date (5 novembre) dans les termes suivants, transcrits en marge du fol. 44 r° : Ce jourd'hui Hesdin fut rendu aux Bourguignons qui l'avoient assiégé, par le sr Rasse qui en estoit chef. — Au Registre A, cet art. fait suite immédiatement à l'art, ci-dessus XCI. — Hesdin-le-Vieil, place forte de l'Artois, fut pris et repris plusieurs fois dans les guerres contre Charles-Quint, qui le fit raser en i553. Son lieutenant, Philibert-Emmanuel, duc de Savoye, fit agrandir et fortifier en 1554 le village du Mesnil, situé à une lieue au nord-ouest dè Hesdin, dont il porta désormais le nom. Jadis chef-lieu de bailliage de la province d'Artois, le nouvel Hesdin (ou Hesdin-fert, ainsi surnommé en l'honneur de la devise du duc de Savoye) est aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais).
(5' Cette délibération n'a pas été transcrite aux Registres.
(°' Pour plus de détails, voir le quatrième livre des Commentaires des guerres entre Henri H et Charles-Quint, par François de Rabutin, qui mentionne un troisième capitaine, "le sieur de Dourié de la maison de Querqui n, comme s'étant opposé à la capitulation.
O Après cet article vient, au Registre A, la teneur des lettres du Rureau de Ville au Roi, en dale du 9 novembre, rapportées cidessus, art. XCII.
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